Censure d’un Clip Arménien

Beyrouth, Liban, 26 Avril 2010

La Sûreté générale a interdit le passage sur les chaînes de télévision libanaises d’un vidéoclip arménien chanté par Eileen Khatchadourian. La chanson s’intitule Zartir Vortyiag  (Réveille-toi mon enfant). C’est un ancien chant patriotique arménien qui raconte l’histoire d’une mère qui dit à son fils « va combattre l’ennemi avec le drapeau sacré sur ton épaule droite ».
 

Beyrouth, Liban, 26 Avril 2010

La Sûreté générale a interdit le passage sur les chaînes de télévision libanaises d’un vidéoclip arménien chanté par Eileen Khatchadourian. La chanson s’intitule Zartir Vortyiag  (Réveille-toi mon enfant). C’est un ancien chant patriotique arménien qui raconte l’histoire d’une mère qui dit à son fils « va combattre l’ennemi avec le drapeau sacré sur ton épaule droite ».
 

 « La chanson ne mentionne en aucun cas le terme Turquie ou empire ottoman », explique Khatchadourian, racontant ses déboires auprès de la Sûreté générale. « On m’a dit que je pouvais passer le clip seulement le 24 avril, jour commémorant le génocide, sur les chaînes libanaises non satellitaires, à savoir la Future et la LBCI.

Quand j’ai demandé pourquoi, on m’a expliqué que "le Liban entretient actuellement de très bonnes relations avec la Turquie et nous ne voulons pas que la chanson froisse l’ambassadeur turc" », souligne-t-elle, rapportant les propos de responsables à la Sûreté générale.


« J’ai alors répondu que la chanson ne mentionne pas la Turquie, que je suis une Arménienne libanaise, que ma communauté a des députés au Parlement et que le Liban est l’un des premiers pays du monde à avoir reconnu le génocide arménien », martèle-t-elle. Les partis arméniens, le Tachnag, le Henchag et le Ramgavar ont été prévenus de l’affaire et comptent protester.
 

Lebanon Applies ‘Turkish Penal Code 301’
to Censor an Armenian Rock Song
Lebanon – The General Security Department has prohibited the broadcast on Lebanese televisions of the Armenian music video sung by Eileen Khatchadourian. The song is called Zartir Vortyiag (Awake my child). It is an ancient Armenian patriotic song which tells the story of a mother who said her son "will fight the enemy with the sacred banner on the right shoulder " .

"The song does not mention the word Turkey or the Ottoman Empire," Khatchadourian said, "I was told I could only show the clip on April 24th, the day commemorating the genocide of the Armenians on the local channels only, namely the Future TV and LBCI. When I asked why, the answer was that "Lebanon currently has very good relations with Turkey and we do not want the song to offend the Turkish ambassador, ‘" she says,"I then replied that the song does not mention Turkey, I am a Lebanese Armenian, and my community has members in the Lebanese Parliament, and that Lebanon is one of the first countries to recognize the Armenian Genocide".

The Armenian parties, Tashnag, Henchag & Ramgavar have been advised of the case and intend to protest.

The news was a big shock to the Lebanese and International community. Documentaries about the Armenian Genocide were broadcasted this past week in France, Germany, Canada, USA and most countries.

In Turkey, Penal Code 301 prohibits any citizen from talking about the Genocide. A prominent Turkish lawyer is being sued under Article 301 of the Turkish penal code for submitting a case to an Ankara court to recognize the Armenian Genocide. Turkish Televisions and newspapers cannot use the word Genocide in any article or TV program.

Is Turkish Penal Code 301 being applied in Lebanon by the Turkish Ambassador? Did Lebanon forget that in the year 2000, its government had recognized the Armenian Genocide? Is the Turkish Ambassador more important to the Lebanese government than its citizens?
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Liban, 25 Avril 2010
 

Imposante marche d’Antélias à Bourj Hammoud
pour la 95e commémoration du génocide arménien

Des dizaines de milliers d’Arméniens du Liban ont défilé samedi à l’occasion du 95e anniversaire du génocide arménien sous l’Empire ottoman.

La communauté arménienne du Liban a célébré samedi la 95e commémoration du génocide arménien en organisant un grand rassemblement et une imposante marche d’Antélias à Bourj Hammoud, à laquelle ont participé des dizaines de milliers d’Arméniens.

La journée a commencé au catholicossat de Cilicie, à Antélias, où des couronnes ont été déposées en hommage aux martyrs du génocide.

Le catholicos Aram Ier a ensuite récité une prière pour le repos de l’âme de ceux qui ont péri lors du génocide. La cérémonie a eu lieu en présence de ministres et de députés arméniens. La cérémonie s’est tenue sans les représentants des trois pôles du pouvoir, ont noté les observateurs.

Prenant la parole, Mgr Aram Ier a appelé « le gouvernement turc et la communauté internationale à faire en sorte que justice soit faite ». « La justice est l’un des plus importants principes des droits humains », a-t-il dit.

Le catholicos arménien a indiqué que « les dirigeants turcs continuent de répéter qu’au cours de la Première Guerre mondiale, des événements douloureux se sont déroulés, et que cela est parfaitement normal, et ils se demandent pourquoi on fait autant de bruit. » « Mais la Turquie sait très bien que l’Empire ottoman a organisé d’une façon professionnelle et planifiée des massacres contre le peuple arménien, et ce conformément à un plan géopolitique et à une purification ethnique, tuant un million et demi d’Arméniens, a déclaré Mgr Aram Ier. Aujourd’hui, les nouvelles générations de Turcs ignorent ce que leurs ancêtres ont perpétré. Nous refusons la politique turque qui travestit la vérité. Les Arméniens doivent rester vigilants dans ce cadre et rester loin des prises de position qui portent atteinte à l’unité. La Turquie tente également d’éloigner l’Arménie de la diaspora arménienne. »

Une marche d’Antélias à Bourj Hammoud, passant par l’autoroute reliant Jounieh à Beyrouth, a suivi. Les routes ont été bloquées et les automobilistes ont été coincés des heures durant dans leurs voitures attendant la fin de la marche.
Des magasins ont fermé leurs portes à Zalka, Nabaa, Bourj Hammoud et Dora.

Pakradounian
À l’occasion de cette 95e commémoration du génocide arménien, des dizaines de personnalités ont dénoncé encore une fois ce massacre.

Le député Tachnag Hagop Pakradounian a souligné que «le génocide arménien est une affaire mondiale, elle concerne chaque homme libre». «Si la Turquie avait été sanctionnée suite au génocide arménien, Hitler n’aurait pas massacré les Juifs et les Israéliens auraient agi différemment envers les Palestiniens.» «Nous voulons que la Turquie reconnaisse le génocide et nous remette les terrains occupés», a-t-il dit, se demandant pourquoi «le Liban ne traite pas la Turquie comme la Libye, surtout que le Liban compte 150 000 Arméniens».

Il a indiqué également que «les Arméniens sont mécontents de l’absence de représentants des trois présidents lors de la cérémonie commémorant le génocide », se demandant « si les Arméniens ne sont considérés que comme des voix électorales».

De son côté, le député Arthur Nazarian a souligné que « les massacres de 1915 ne seront jamais oubliés ». « Cette mémoire se transmet d’une génération à l’autre, a-t-il souligné. Nous naissons avec cette blessure qui ne meurt jamais. Si la Turquie
reconnaissait le génocide arménien, nos peines seraient allégées, mais jamais effacées. »

Et les syriaques
Par ailleurs, les syriaques ont également commémoré hier les massacres dont ils ont été victimes, avec les Arméniens, sous l’Empire ottoman. Dans ce cadre, une messe a été célébrée en l’église Saint-Ephrem, à Achrafieh, en présence notamment des députés Tammam Salam, Samy Gemayel, Ibrahim Kanaan et Hagop Pakradounian.

Samy Gemayel a rendu hommage « aux martyrs des communautés arménienne et syriaque tombés en défendant leur terre et leur dignité », soulignant l’importance du rôle joué par ces deux communautés dans l’histoire contemporaine du Liban. Il a mis l’accent sur les points communs entre les causes arménienne, syriaque et libanaise, concernant la préservation de la terre. Il a aussi appelé la Turquie à adresser des excuses au peuple arménien.

M. Kanaan a dénoncé les crimes perpétrés par les Ottomans entre 1895 et 1915 en Turquie ainsi que leurs crimes commis au Liban.

Une cérémonie a été également organisée dans ce cadre par le parti de la Fédération syriaque en présence du chef du parti Ibrahim Mrad et de M. Eddy Abillamaa, membre du comité exécutif des Forces libanaises, représentant le leader des FL Samir Geagea.

Prenant la parole, M. Abillamaa a rendu hommage à la communauté syriaque qui a réussi à renaître de ses cendres.

 

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